LA PLACE DE L’ART

Mars 2019
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Céline Berthoumieux, directrice de ZINC.

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Quelques sources en ligne :

williamgibsonbooks.com

socialter.fr

margaretatwood.ca

pulsopulso.com

chatonsky.net

disnovation.org


À chaque élection depuis quelques années l’absence quasi totale de la culture dans les programmes ne dérange plus grand monde. Dernièrement c’est dans le dispositif du « grand débat » que s’est peu discuté, le rôle, la place, l’impact de la culture dans la France. Alors le rôle, la place, l’impact de l’art dans la société et dans nos vies, je ne vous en parle même pas ! Rien, nada, que dalle...

Pourtant face aux transitions (on dit pas crises) auxquelles nous sommes confrontés, la création contemporaine apporte des réponses. Parfois même des réponses avant même que nous en soyons à nous poser les questions.

Au hasard prenons la transition technologique : de William Gibson à Alain Damasio en passant par Margaret Atwood ces auteurs ont décrit depuis des décennies la société de la surveillance dans laquelle nous vivons déjà. Ou encore ce qui nous pend au nez (si on en a encore un) avec la crise climatique et les pollutions diverses et variées qui composent notre quotidien.

Dans le champ des arts numériques, les artistes alertent aussi depuis des décennies sur les dérives et les risques de ce « progrès » sans limite ; Rocio Berenger, Grégory Chatonsky, le Collectif Disnovation, Hehe … Plasticiens, auteurs, chorégraphes, metteurs-en-scène, créateurs sonores, vidéastes, les artistes contemporains sont des révélateurs et pourtant dans cette période déstabilisante à plus d’un titre, leur rôle est impensé par notre société.

Pourquoi cette rencontre entre les arts d’aujourd’hui et la chose politique se passe si peu et si mal ? D’autant plus troublant que les musées sont pleins et que Molière ou Shakespeare sont encore et toujours bankable. D’autant plus incompréhensible alors qu’on assiste à la multiplication des erzats de relations aux œuvres avec de plus en plus de « musées numériques », « micro-folies » et autres « ateliers des lumières ».

Prendre soin de la création vivante et de la place des artistes c’est se projeter dans l’avenir. Et permettre la rencontre entre la création contemporaine et les gens, tout les gens, le plus souvent, c’est faire société.